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Les sept atouts capitaux en entreprise

Les sept atouts capitaux en entreprise

Pointer les compétences sportives transférables en entreprise via une enquête journalistique entre mars et mai 2018, telle était notre mission dans le cadre du cours de communication. Sept atouts capitaux ressortent :

La rigueur

L’écoute

Le sang-froid

L’anticipation

La cohésion

La visualisation


Voici le premier : la rigueur.

La rigueur mise au pas

« Mes compétences sportives ont été un atout dans mon embauche » explique Kevin Tien-Mi-Tie, nageur de niveau national et fonctionnaire à la Caisse des impôts. En particulier la rigueur dont il fait preuve en compétition et qui implique assiduité, ponctualité, respect des consignes, entre autres. Marie Chatonnat, chargée de recrutement au SDIS 77 (Service départemental d’incendie et de secours en Seine-et-Marne) dévoile ses critères de recrutement. Les sportifs représentent pour elle une valeur sûre : organisation, réactivité, bonne hygiène de vie… Ce sont des collaborateurs motivés avec une facilité pour s’intégrer et se surpasser. A condition de respecter les bonnes doses…

Un freinage nécessaire

Thibaud Laurent, athlète de niveau national, raconte son parcours sportif en centre de formation. Ce ne fut pas une période facile : beaucoup d’entraînements, un régime alimentaire strict, des études et peu de repos. En effet, il arrive que le sport en demande trop au corps et au mental, cela peut être un risque pour la situation professionnelle. Le stress avant les compétitions impacte la concentration au travail, le risque de blessure peut augmenter l’absentéisme par exemple. « Ma collègue faisait énormément de sport mais cela avait des répercussions négatives sur son entourage et son travail dans l’entreprise : moins aimable, moins concentrée, des erreurs d’inattention… ». Corinne Pestre, assistante de direction chez Orange a ressenti elle aussi le besoin d’une collègue sportive de lâcher prise. Le sportif doit donc être capable de faire le juste milieu entre le sport et le travail, afin que les qualités dans un domaine ne deviennent pas les défauts dans l’autre. 


Les sportifs et apprentis de deuxième année, DUT Gestion des entreprises et des administrations (GEA2) au moment de la rédaction : Guillaume Bufkens (football), Clémence Gaillard (natation) et Aurélie Vert (athlétisme).

Crédit photo : Aurélie Vert. Thibaud Laurent durant un entraînement


 

Voici le deuxième : l’écoute.

L’écoute en selle

L’écoute est une compétence que l’on met tous en œuvre, parfois même sans s’en rendre compte. Elle est au centre de nos vies professionnelles, alors comment peut-elle être enrichie par l’équitation ? Qui est bel et bien un sport, quoi que l’on en pense. Cependant, on s’accorde à dire qu’il est relativement différent des autres. Cela s’explique par le fait qu’il repose sur une relation toute particulière entre un homme et un cheval. Nous avons réalisé que ce lien privilégié développait une écoute bien différente de la traditionnelle parole humaine.

S’atteler au non-verbal

Le fait de devoir évoluer avec un animal, de façon coordonnée, permet de développer une écoute plus large. Les cavaliers doivent impérativement écouter leurs chevaux pour pouvoir progresser, or ces derniers ne peuvent mettre de mots sur leurs besoins ou ressentis, même s’ils sont des athlètes à part entière ! « Si je n’écoute pas mon cheval, je m’entraîne seule et seule, je ne fais pas d’équitation », explique Virginie Charrier, cavalière. D’après Camille Helin, propriétaire d’une écurie, « si nous ne sommes pas capables d’écouter les chevaux, nous ne méritons pas leur patience. » Le cheval apprend à développer la communication non verbale. Les cavaliers savent accorder une grande attention aux tons et gestes utilisés et apprennent aussi à deviner le non-dit, forcément, de leurs partenaires. Cette compétence est justement prisée en entreprise. « Il faut savoir prendre le temps et montrer une écoute active pour être entendu en retour, c’est le fondement de la relation professionnelle » annonce Claire Danisment, manager et chef de projet chez Orange. Quels que soient le grade et la profession, elle est primordiale dans tous les échanges. Autant dans la communication montante que descendante. Et Driss Ben Njima, notre camarade footballeur, de conclure : « Si mon tuteur et moi n’étions pas à l’écoute l’un de l’autre, mon expérience en entreprise serait incohérente avec ma formation universitaire ».


Les cavalières et apprenties de deuxième année, DUT Gestion des entreprises et des administrations (GEA) au moment de la rédaction : Alexia Anselin, Carla Cimoradsky et Camille Richou.

Crédit photo : Carla Cimoradsky.


Voici le troisième : le sang-froid.

Le sang-froid sur le ring

En boxe le sang-froid est primordial, et c’est quand les situations sont les plus chaudes qu’il faut en faire preuve. Il se définit comme la maîtrise de soi qui permet de ne pas céder à l’émotion et de garder sa présence d’esprit. Ce bienfait de la boxe en englobe d’autres, utiles sur un ring et dans le monde du travail. Tout d’abord, il est vital d’écouter* les conseils de son entraîneur pendant le déroulement du combat, sachant qu’il est dur d’entendre et d’appliquer des consignes quand les coups fusent avec l’adversaire. Puis, lorsque le combattant est mis à mal, il est impératif qu’il reparte pour ne pas laisser son vis-à-vis prendre le dessus sur lui. Enfin, un boxeur désorganisé n’a pas de garde et peut prendre tous les coups donnés par son « ennemi du soir ».

Encaisser sans stresser

Pour que toutes ces conditions soient remplies, il faut donc faire preuve de calme et de maîtrise de soi.  « La boxe m’a appris à être calme et à délivrer des messages clairs. Dans ma vie professionnelle et active, le sang-froid est la première qualité qu’elle m’a apportée », explique Aladin Mekki, ancien boxeur amateur et consultant en innovation chez Econocom. Ce que confirme Adel Charni, directeur Retail Operation (vente au détail) France chez Levi’s, « Il faut énormément de sang-froid et beaucoup d’entraînement pour travailler correctement et en équipe. » Son poste regroupe trois pôles : administratif, business et financier. L’approche taylorienne n’a pas de sens, il convient de tout mettre en relation. De fait, il est nécessaire d’écouter, traiter et lier calmement toutes les informations, à la manière d’un boxeur qui, sur un ring, va devoir combiner plusieurs facteurs : tenir compte de lui-même, de son adversaire, de ses propres déplacements, de ceux du coin opposé, et du temps restant. Tout cela sans céder à la panique et sachant que la moindre hésitation se soldera par un coup encaissé. Adel Charni a pour mission de gérer tous les magasins de France dont il doit étudier la rentabilité, la productivité, les opportunités. Pour réaliser cette mission, il doit faire preuve d’assurance, de confiance et de sérénité, car si le directeur est stressé, l’équipe le sera aussi. « La boxe permet de gagner de l’assurance et d’avoir confiance en soi. C’est important pour les relations avec l’équipe ou les clients », conclut Cedrick Peynaud, quintuple champion du monde de kick-boxing (près de 120 combats pour 60 K.-O. et 5 défaites) et champion intercontinental UBO (Universal Boxing Organization) de boxe anglaise.

*cf Article de la même série sur l’écoute.


Les sportifs et apprentis de deuxième année, DUT Gestion des entreprises et des administrations (GEA) au moment de la rédaction : Driss Ben Njima (football), Mathieu Dupront (rugby) et Salim Hadj Ahmed (boxe).


Voici le quatrième : L’anticipation.

Lame d’anticipation

Les bons cadres se font rares de nos jours, se différencier est alors primordial. Les compétences attendues ne sont plus les mêmes, c’est pour cela qu’il faut défendre ses valeurs en devenant un mousquetaire. « Diriger, c’est savoir décider rapidement tout en prenant des risques », explique Valérie Barlot, cadre d’unité à la Sécurité sociale. Et c’est incontournable pour de belles touches en escrime.

 

L’épée managériale

Il ne suffit pas d’être rapide comme Zorro pour transpercer l’autre, le mental et la stratégie ne doivent pas être négligés. « La pratique de l’escrime m’a rendue persévérante et m’a permis de décider rapidement. Ne pas prendre de risques, c’est ne jamais progresser » confie Margaux Gimalac, escrimeuse de haut niveau. Et Valérie Barlot de renchérir : « Pour mener un projet au mieux, il faut prévoir et anticiper chaque problème qui peut se présenter en analysant la situation. ». Étudier toutes les possibilités et les méthodes permettant d’atteindre les objectifs fixés nécessite une importante concentration de la part des cadres. De même lorsqu’il s’agit de l’analyse du fonctionnement des équipes, point crucial pour les perfectionner. Cependant, cette sagesse doit être limitée. Que serait Jack Sparrow sans sa provocation et son dynamisme ? Un tireur lent à la dégaine aurait l’épée de son adversaire sous la gorge. C’est la même chose pour un dirigeant. Sans vigueur, il ne mènerait pas son équipe bien loin et perdrait vite le contrôle de la situation. Notre cadre d’unité donne l’estocade : « L’énergie et le dynamisme sont obligatoires pour un manager, sinon l’équipe s’endort ! ».


Les sportives et apprenties de deuxième année, DUT Gestion des entreprises et des administrations (GEA) au moment de la rédaction : Eszter Joos (escrime et danse), Louise Lefèvre (handball) et Caroline Poincelet (handball).

Crédit photo : Eszter Joos.


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